Pompidou.JPGM. Perrot nous a appris dans le journal municipal qu’il entendait donner le nom de Pompidou (né à Montboudif) au petit square (800 m2) resté propriété municipale, inséré dans la résidence Franco-Suisse, en face du Lycée.

M. Perrot anticipait quelque peu sur la décision du Conseil municipal dont la désignation des noms de voies et places publiques est la prérogative mais, comme on pouvait s’y attendre, par son vote du 22 septembre la majorité UMP a entériné la décision de son chef de file. Ont voté contre : Marc Boulay et moi-même. Se sont abstenus : Jacques Chesnais et Claudia Picon.

Une question vient spontanément à l’esprit, l’ancien Président de la République a-t-il eu des liens particuliers avec notre ville ? M. Perrot nous livre cette information décisive : Pompidou aurait fréquenté les restaurants de la Ville ! A chacun de juger si cet attrait pour la gastronomie locale peut justifier un honneur particulier.

En réalité il s’agit d’une simple affaire de nostalgie partisane que M. Perrot aimerait faire partager aux habitants de Marly, lesquels ne le lui ont pas demandé.

Nostalgie ? Non, merci ! Ne comptez-pas sur moi pour regretter cette période ! Pompidou a parfaitement illustré la symbiose entre grand capital et pouvoir politique. Directeur de la banque Rothschild il a rejoint De Gaulle en 1958 pour devenir ensuite son premier ministre puis lui a succédé en devenant président de la République en 1969. Avec au passage un coup bas à son mentor en faisant savoir, avant le référendum perdu de 1969 qui a provoqué la démission de De Gaulle, que lui, Pompidou, était potentiellement candidat à l’élection présidentielle.

Certains d’entre vous se souviennent d’ailleurs du célèbre « blanc bonnet et bonnet blanc » lancé par le candidat communiste Jacques Duclos à l’adresse de Poher et Pompidou restés seuls candidats à l’issue du 1er tour de cette élection présidentielle.

paul_touvier.jpgQuant au mandat de Pompidou j’en retiens la grâce accordée en 1971 au chef de la milice Lyonnaise Touvier (1) reconnu coupable de l’assassinat de 7 personnes juives en juin 1944 au cimetière de Rillieux-la-Pape, responsable également de l’arrestation de Victor Basch (2) et de son épouse, assassinés par les miliciens.

Voici par Pompidou lui-même la justification éclairante de cette grâce présidentielle: «Allons-nous éternellement entretenir saignantes les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les français ne s’aimaient pas, où ils s’entre-déchiraient et s’entre-tuaient

On comprend mieux le sens ce texte quand on sait que Pompidou est resté lui-même à l’écart d’une quelconque action durant l’occupation. J’y vois aussi le début d’une « dédiabolisation » de la droite collaborationniste et fascisante dont on connaît aujourd’hui de nouveaux développements.

Une information parue il y a quelques semaines dans L’Humanité vient télescoper cette décision de M. Perrot. La nouvelle majorité UMP de la commune de Limeil-Brévannes, a décidé d’effacer les noms de rues choisis par la précédente majorité de gauche. Il s’agit de ceux de

Marie-Olympe-de-Gouges.jpg- Olympe de Gouges (1748-1793), écrivaine et pionnière du féminisme

.

Germaine_Tillion.jpg- Germaine Tillion (1907-2008), ethnologue et résistante dont les cendres doivent être prochainement transférées au Panthéon

.

.

.

.

Dabi_le_Mitterrand.jpg- Danièle Mitterrand (1924-2011), résistante, militante associative, fondatrice de France-Libertés

.

.

.

Pourquoi ces radiations ? Parce que la municipalité de Limeil-Brévannes juge ces personnalités trop « clivantes » !

Est-il besoin d’autres commentaires ?

.

.

(1) En 1971, Touvier, toujours en cavale, caché et protégé par les milieux intégristes de l’église catholique, n’était plus alors menacé de la peine de mort à laquelle il avait été condamné par contumace en 1947. Cette condamnation à mort était prescrite depuis 1967. En 1971 la grâce présidentielle a porté sur des peines dites accessoires : interdiction de séjour et confiscation de biens. Touvier a poursuivi sa cavale, au total de plus d’un demi-siècle, jusqu’en 1989. Poursuivi cette fois-ci pour « crimes contre l’humanité», crimes imprescriptibles, il a été condamné à la réclusion à perpétuité et il est mort en prison en 1994.

.

(2) cofondateur de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen